Une transformation profonde portée par l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle transforme profondément les infrastructures numériques. L’augmentation rapide des besoins en calcul, l’essor des GPU et des applications d’IA générative, ainsi que l’émergence de Datacenters de très forte densité imposent de repenser les méthodes d’évaluation de la performance énergétique.
À l’occasion de la seconde restitution intermédiaire de l’étude « Datacenters IT & IA – Anticiper l’impact énergétique à horizon 2035 », présentée lors d’un webinaire organisé par MD.C – Max Dubois Consultant sous l’égide de France Datacenter, en partenariat avec l’ADEME et avec le soutien d’EDF, plusieurs enseignements majeurs ont été partagés avec les acteurs de la filière.
Une évolution majeure de l’étude : intégrer pleinement la dimension IT
Cette seconde restitution marque une étape importante dans les travaux engagés. Si les premières analyses étaient principalement centrées sur les infrastructures techniques des Datacenters – refroidissement, alimentation électrique ou efficacité globale des bâtiments –, l’étude intègre désormais pleinement la performance énergétique de la partie IT.
Cette évolution répond à une réalité de terrain : optimiser uniquement les équipements techniques ne suffit plus. Il devient indispensable de s’intéresser également aux performances énergétiques des serveurs, des accélérateurs dédiés à l’intelligence artificielle, des systèmes de stockage, des réseaux et des logiciels qui pilotent ces infrastructures.
L’étude met également en lumière plusieurs leviers susceptibles d’accompagner la transition énergétique du secteur, notamment les technologies de refroidissement liquide, les solutions de supervision énergétique et les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), dont le potentiel apparaît encore largement sous-exploité.
Les éléments présentés dans cet article s’appuient sur les résultats intermédiaires dévoilés lors de cette seconde restitution. Ils constituent un état d’avancement des travaux et seront enrichis, consolidés et complétés au cours des prochains mois grâce aux contributions des acteurs de la filière.
La restitution finale de l’étude est prévue en octobre 2026. Elle présentera les résultats consolidés, les analyses approfondies ainsi que les recommandations issues de l’ensemble des travaux menés sur les infrastructures, les technologies IT et les enjeux énergétiques liés au développement de l’intelligence artificielle dans les Datacenters.
Une croissance soutenue qui impose de nouveaux outils de mesure
Les projections présentées lors de cette seconde restitution intermédiaire illustrent la dynamique de développement des Datacenters en France sous l’effet de la transformation numérique et de l’essor de l’intelligence artificielle.
Selon les scénarios consolidés à ce stade de l’étude, la puissance IT installée pourrait passer d’environ 1,2 GW en 2026 à près de 2,6 GW en 2030, avant d’atteindre plus de 4,3 GW à l’horizon 2035. En parallèle, la consommation électrique annuelle des Datacenters pourrait approcher 50 TWh dans les scénarios les plus élevés.
Ces estimations, qui seront consolidées lors de la restitution finale prévue en octobre 2026, témoignent de l’ampleur des défis à relever pour accompagner la croissance des usages numériques tout en maîtrisant leur impact énergétique.
L’étude met également en évidence la montée en puissance des infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle et au calcul haute performance (HPC). Alors qu’elles représentent aujourd’hui une part encore limitée du parc installé, elles pourraient atteindre 14 % de la puissance IT en 2030 et 30 % en 2035.
Cette évolution traduit une transformation profonde des Datacenters, qui devront accueillir des équipements toujours plus puissants et plus denses, nécessitant des solutions techniques adaptées en matière d’alimentation électrique, de refroidissement et de pilotage énergétique.
Opérations standardisées : vers un renforcement des fiches Datacenters
Dans ce cadre, une fiche CEE dédiée au Direct Liquid Cooling (DLC) est en cours de structuration, à l’issue des travaux menés par nos soins sur l’efficacité énergétique des Datacenters en 2024 pour le compte de l’ADEME – LIEN
Le Direct Liquid Cooling (DLC) consiste à refroidir directement les composants électroniques par circulation de liquide, permettant d’améliorer significativement l’efficacité énergétique dans les environnements à forte densité.
L’objectif des travaux menés dans le cadre de l’étude était de caractériser les gains potentiels en économies d’énergie de technologies efficientes, de structurer les méthodes de mesure et d’évaluer leur intégration dans le dispositif CEE.
Ces évolutions illustrent la capacité du dispositif à s’adapter aux réalités techniques de la filière.
Le PUE reste une référence… mais ne suffit plus à lui seul
Le Power Usage Effectiveness (PUE) demeure un indicateur incontournable pour évaluer l’efficacité énergétique des infrastructures d’un Datacenter. Les projections présentées dans l’étude montrent une amélioration progressive de cet indicateur, avec une tendance vers un PUE moyen proche de 1,3 à l’horizon 2035, contre environ 1,4 aujourd’hui.
Toutefois, cette amélioration ne suffit plus à caractériser à elle seule la performance énergétique globale d’un Datacenter. Avec l’essor de l’intelligence artificielle, il devient indispensable de prendre également en compte l’efficacité des équipements IT et des charges de calcul qu’ils exécutent.
À l’heure où les charges liées à l’intelligence artificielle se développent rapidement, deux Datacenters présentant un PUE similaire peuvent afficher des consommations très différentes pour exécuter une même tâche ou, à l’inverse, produire des performances de calcul très variables pour une consommation comparable.
L’un des enseignements majeurs de cette restitution est donc la nécessité de compléter les indicateurs traditionnels par de nouvelles métriques intégrant la performance énergétique des serveurs, des GPU et des charges de travail liées à l’IA.
L’IT : un nouveau levier d’amélioration de la performance énergétique
L’un des apports majeurs de cette étude est d’élargir l’analyse au-delà des seules infrastructures pour intégrer pleinement la performance énergétique des équipements IT.
Cette évolution répond à une transformation profonde des Datacenters. Avec l’essor de l’intelligence artificielle, les consommations ne dépendent plus uniquement des systèmes de refroidissement ou de distribution électrique, mais également des performances des serveurs, des GPU et des charges de calcul exécutées.
Les travaux présentés portent ainsi sur plusieurs dimensions complémentaires :
- les architectures CPU et GPU ;
- les phases d’entraînement (training) et d’inférence (inference) des modèles d’IA ;
- les systèmes de stockage et les infrastructures réseau ;
- les solutions de supervision et d’optimisation logicielle ;
- le développement de nouveaux indicateurs de performance énergétique IT permettant de mieux comparer les architectures et leurs usages.
La distinction entre les phases de training et d’inference constitue notamment l’un des fondements de cette nouvelle approche méthodologique.
Des infrastructures qui continuent d’évoluer pour accompagner l’IA
La montée en puissance des usages liés à l’intelligence artificielle s’accompagne d’une augmentation des densités de puissance dans les salles informatiques.
Pour répondre à ces nouvelles contraintes, les exploitants déploient progressivement des technologies plus performantes, parmi lesquelles :
- le Direct Liquid Cooling (DLC), de plus en plus adapté aux serveurs de forte densité ;
- les solutions de refroidissement liquide par immersion ;
- les systèmes avancés de supervision énergétique ;
- l’optimisation des chaînes de refroidissement et des installations techniques.
Ces innovations contribuent à maintenir un haut niveau d’efficacité énergétique malgré l’augmentation continue des besoins en calcul.
Les CEE : un levier stratégique pour accélérer la transition énergétique des Datacenters
L’un des constats marquants de cette restitution concerne la mobilisation encore limitée des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) dans la filière des Datacenters.
Pourtant, ce mécanisme peut constituer un véritable accélérateur pour financer des projets d’amélioration énergétique et faciliter l’adoption de technologies innovantes.
L’étude met notamment en avant plusieurs technologies susceptibles de bénéficier des mécanismes des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et de contribuer à améliorer durablement l’efficacité énergétique des Datacenters :
- Direct Liquid Cooling (DLC) ;
- refroidissement par immersion ;
- récupération de chaleur fatale ;
- monitoring énergétique ;
- optimisation des groupes froids ;
- solutions avancées de freecooling.
Mieux mobilisés, les CEE pourraient accélérer le déploiement de ces technologies et accompagner les investissements nécessaires à la transition énergétique de la filière.
Une étude collaborative tournée vers les prochaines étapes
Les travaux se poursuivent en vue de la restitution finale prévue en octobre 2026. Les données présentées lors de cette seconde restitution intermédiaire seront consolidées et enrichies grâce aux contributions des exploitants, industriels, fabricants et partenaires institutionnels, afin de proposer une vision toujours plus précise des enjeux énergétiques des Datacenters et de l’intelligence artificielle.
Une approche globale pour accompagner la transition énergétique
Le principal enseignement de cette étude est que la performance énergétique des Datacenters ne peut plus être évaluée uniquement à travers leurs infrastructures physiques.
À l’ère de l’intelligence artificielle, elle résulte de l’interaction entre les bâtiments, les systèmes de refroidissement, les équipements IT, les logiciels et les usages. En intégrant ces différentes dimensions et en identifiant des leviers d’action comme les CEE, l’étude contribue à poser les bases d’une approche plus globale et plus pertinente pour accompagner la transformation énergétique de la filière.
Participez à l’étude et contribuez aux travaux en cours
L’étude « Datacenters IT & IA – Anticiper l’impact énergétique à horizon 2035 » a vocation à s’enrichir grâce aux retours d’expérience et aux contributions de l’ensemble de l’écosystème. Exploitants, industriels, fabricants, fournisseurs de technologies, acteurs publics ou experts du secteur peuvent apporter un éclairage précieux pour consolider les analyses et identifier les leviers d’amélioration les plus pertinents.
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Nous vous invitons à consulter la page dédiée à l’étude, où vous retrouverez les actualités, les ressources disponibles et les prochaines échéances, ainsi qu’à compléter le formulaire de participation pour partager votre expertise ou manifester votre intérêt.
Chaque contribution contribue à enrichir les analyses et à construire une vision toujours plus précise des enjeux énergétiques des Datacenters et de l’intelligence artificielle, en vue de la restitution finale prévue en octobre 2026.



